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JOHN BOB

"Le chibi à la sauce créole"

John est le parfait exemple de cette catégorie « d’artistes autodidactes ». Travaillant dans le domaine médical, il s’est pris de passion pour le dessin il y a de ça une dizaine d’années, en visitant une exposition d’artistes de street art, et s’est dit « pourquoi pas essayer ? » Il pratique donc cet art par passion, en parallèle de son activité professionnelle, pour ne pas avoir à produire des œuvres pour des raisons économiques, et que ça reste du plaisir.

John utilise principalement des feutres Posca, mais également la peinture à la bombe pour ses grandes toiles. Et il travaille sur à peu près tous les supports possibles ! Les pages de BD, les vieilles photos, les cartes maritimes, et même les skate board deviennent des oeuvres d’art quand ils passent entre ses mains !

Son inspiration ? La pop culture, dans toutes ses déclinaisons : la bande-dessinée, le cinéma, la musique, les mangas … Et ça se retrouve dans son style, très (très) coloré, avec des personnages qui lui servent de fil conducteur depuis ses débuts. « La cafrine » en est la parfaite illustration, car même si son apparence a évolué en même temps que la technique et les envies de John, elle est toujours là, avec ses formes plantureuses, sa coiffure afro et ses grosses lunettes.

La période du confinement lui a également permis d’enrichir sa galerie de portraits, en donnant vie à ses personnages chibi (personnages issus des mangas, de petite taille et avec des caractéristiques physiques exagérées).

Si vous avez gardé votre âme d’enfant, vous ne pouvez pas rester insensible à l’univers de John !

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JOHANNA GREGOIRE

"S'inspirer du passé pour dessiner l'avenir"

Johanna GREGOIRE est une iliienne. Profondément. Epidermiquement. 

Antillaise par ses origines, elle grandit en région parisienne, et suit des études en design et arts décoratifs. Elle est aujourd’hui artiste-designeuse.

Sa route la conduit à la Réunion où elle arrive en 2016, et commence à travailler au sein d’une ressourcerie. Elle s’intéresse alors à des problématiques locales, liées au territoire et aux spécificités culturelles créoles. 

Elle mène notamment une réflexion autour de l’impact de la culture de la canne à sucre et des savoir-faire des territoires d’outre-mer. La canne devient alors pour elle une sorte de fil conducteur de son travail. Le fil qui relie ces îles, de cœur et d’adoption, éloignées géographiquement mais avec tellement de similitudes !

Elle travaille depuis plusieurs années sur la bagasse, ce résidu de la canne broyée, et en fait des socles sculptés sur les reliefs de l’île, pour des verres soufflés à la bouche. Elle expérimente depuis peu le tressage des feuilles de canne, et son utilisation dans des pièces de mobilier ou de décoration.

Le profil quelque peu atypique de Johanna m’a profondément attiré car son travail de designeuse est une (ré)union entre nos traditions créoles et la modernité, entre la conceptualisation d’une pièce et sa fabrication par les mains d’un artisan local avec qui elle aura choisi de travailler… bref, encore une belle histoire de liens !

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JEAN-PHILIPPE BOUCHIAT

"La sensibilité photographique"

Jean-Philippe arrive à la Réunion il y a 20 ans, avec femme et enfants, ainsi qu’un appareil et quelques objectifs (photographiques). Pas d’école, pas de diplôme dans ce domaine, mais une très forte envie de faire de la photo. Il se lance dans le vide, expérimente, se documente, et peu de temps après la création de son entreprise, a la chance d’être choisi par le groupe Ziskakan pour les accompagner sur le tournage d’un de leurs clips en Inde. Cette rencontre avec l’un des groupes les plus emblématiques de l’île va lui permettre de se faire connaitre sur le territoire, et de commencer à travailler pour des magazines locaux.

Mode, décoration d’abord, puis photos culinaires pour les plus grands chefs, hôtels et restaurants de la Réunion ensuite. Ce qu’il préfère, ce sont les photos de produits, les mises en scène, la création d’ambiances ou les portraits en tête-à-tête. Sa réserve naturelle y est pour beaucoup, Jean-Philippe est un homme qui exprime ses émotions et sa sensibilité plus facilement par l’image que par les mots.

Ce qui lui plaît dans ce métier ? Incontestablement, les rencontres ! Son travail l’a amené à se balader aux 4 coins de l’île, pour photographier des cuisiniers, agriculteurs, ou artisans, qui lui ont livré un peu de leur histoire, et beaucoup du patrimoine de leur île.

Il était donc tout naturel que je fasse appel à lui pour photographier les produits de Bois Corail, mais aussi pour tirer le portrait de ces hommes et ces femmes qui créent de leurs mains, et enregistrer leurs histoires sur des audios…

Merci Jean-Phi pour ton talent et ton humanité.

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HERMINE STUDIO

"D'un océan à l'autre, graveurs insulaires"

Rung-Tsu est taïwanaise, Yannick réunionnais. Ils se sont rencontrés à Versailles, sur les bancs de l’école des Beaux-Arts, et vivent maintenant à la Réunion. « Hermine Studio » est le résultat de l’union de leurs talents, qu’ils mettent en pratique dans leur atelier situé dans les hauts de Sainte-Marie, avec vue sur la Rivière des pluies.

Chacun a son style et son univers, mais le lien artistique qui les relie est celui de la gravure. Sur des plaques de cuivre, de zinc, de bois, de linoléum, et même des briques de Tétrapak, chaque support étant pour eux un terrain de jeu infini.

Une fois le support gravé, Yannick et Rung-Tsu procèdent à l’encrage, à l’aide de rouleaux ou de tarlatane, selon le support. Etape minutieuse pour que les couleurs se positionnent au bon endroit et se fondent entre elles de façon harmonieuse, comme ils l’ont imaginé dès la conception du tracé. La plaque gravée, appelée matrice, est ensuite pressée sur le support final au moyen d’une presse de gravure.

L’encrage et l’impression se succèdent dans un ballet où chaque étape fait l’objet d’un soin précis, où la main fait apparaître les subtilités propres à l’impression artisanale, par essence toujours unique.

Toutes les pièces créées par Hermine Studio sont faites de A à Z à la main, dans leur atelier, et les éditions sur papier sont éditées en séries limitées.

Leur inspiration est aussi multiple que leur technicité, avec une prédilection pour la flore de l’île, mais aussi l’architecture et les paysages, d’ici ou d’ailleurs …

Ils peuvent tout aussi bien graver des matrices de 2 cm x 2 cm aux détails fourmillants, que des compositions de plus grande envergure.

Il est possible de leur commander des pièces personnalisées, qu’ils graveront uniquement pour vous et qui deviendront un trésor inestimable : souvenirs de votre maison d’enfance, d’un coin de jardin oublié, d’un paysage qui vous a particulièrement touché.

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GORG ONE

"L'art dans toutes ses dimensions"

 Il est grand, très grand, et souvent ses œuvres le sont aussi.

GorG One commence par la peinture, à la sortie de son école de graphisme, d’abord sur des petits formats. A son arrivée à la Réunion il y a 16 ans, un street artiste lui fait découvrir la peinture sur des façades ou des châteaux d’eau, et c’est la révélation. Il se jette « à corps perdu » dans cette technique nouvelle, dans laquelle son corps tout entier danse et s’exprime.

Ses premières œuvres sont sombres et même morbides. Difficile a croire quand on voit aujourd’hui l’explosion de couleurs dans beaucoup d’entre elles ! Un événement dans sa vie, l’incendie de son atelier il y a quelques années, qui va détruire tout ce qu’il avait, l’amène à se requestionner sur ce qu’il veut vraiment. Passée la période de découragement, avec l’envie de tout abandonner, il décide de se remettre aux pinceaux, mais en faisant, non pas des œuvres « pour plaire », mais « pour se plaire ». En alignement avec lui-même et ses envies profondes, GorG One change alors radicalement de style. La technique du trait, l’utilisation de couleurs vives, sont aujourd’hui « sa marque de fabrique ». 

Véritable touche-à tout, il s’essaie aujourd’hui avec bonheur aux volumes, en façonnant avec ses mains des animaux ou parties d’animaux, pour le bonheur du toucher et le contact avec la terre. Ces animaux, souvent des baleines, des manchots ou des cerfs dans ses œuvres, sont le symbole de cette nature en danger sur laquelle GorG One veut nous alerter et nous pousser à nous questionner.

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ENCAUSTIK ART

"La cire comme gardienne de souvenirs"

Cathy COSTES porte un nom prédestiné … elle qui crée des oeuvres sur bois, des images encapsulées sous des couches d’encaustique !

Il s’agit d’une technique très ancienne, à base de cire d’abeille fondue, de résine de Damar, de pigments, de gomme laque et d’images photographiques que Cathy réalise ou récupère au gré de ses inspirations, puis qu’elle assemble et transfère sur des morceaux de bois, pour en faire des tableaux ou des objets de décoration.

Le rendu est très doux, soyeux et invite à la caresse et au toucher.

Chaque pièce est par essence unique, comme l’est le morceau de bois qui sert de support, mais également le mélange des différents ingrédients, dont le rendu final, après chauffage, constitue à chaque fois une surprise pour Cathy.

Comme elle, qui est fortement attachée à l’histoire et la culture de l’Ile, Bois Corail aime l’idée de pouvoir perpétuer et faire revivre les souvenirs anciens. C’est ainsi qu’est née l’idée de pouvoir créer des tableaux sur mesure, avec le transfert de vieilles photos de famille, de lieux, d’objets, ou autres souvenirs, auxquels Cathy ajouterait sa touche personnelle et ses couches d’encaustique.

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CORINNE GRANGER

"Beau comme une image"

Corinne arrive à la Réunion il y a plus de 20 ans. Elle « débarque » littéralement sur cette île qu’elle ne connaît pas, et commence tout doucement à s’imprégner des couleurs, des odeurs, des ambiances, autrefois si étrangères, et qui lui sont devenues aujourd’hui si familières…

Même si elle possède des prédispositions certaines pour le dessin, elle essaie de capturer les images de cette nouvelle vie sous les tropiques par le biais de la photo. Mais n’étant pas photographe, elle décide donc de transformer ces clichés de la Réunion en « images », comme elle les appelle elle-même, en les retravaillant numériquement. Elle travaille à l’instinct, en utilisant parfois des « collages » de plusieurs photos pour obtenir le résultat voulu.

Ses inspirations sont diverses : cinéma, littérature, voyages, photos de famille, tout chez Corinne peut devenir une image. Pour ses images de la Réunion, c’est la nature, les paysages, les ambiances ou les natures mortes qu’elle retranscrit sur des supports très variés, qui vont de l’impression sur papier, en passant par le tissu, le bois ou le dibond.

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COLETTE TURPIN

"Le fil de la vie"

Colette naît et grandit à Palmiste Rouge, petit village reculé du cirque de Cilaos. A cette époque, les femmes du cirque brodent les fameux « jours de Cilaos », comme on les appelle.

C’est Angèle, fille du docteur Mac Auliffe, qui crée au début du XXème siècle ses propres modèles, et forme les femmes du voisinage dans son atelier. Les jours de Cilaos deviennent populaires et s’exportent en France et en Europe.

A l’âge de 6 ans, la maman de Colette lui met entre les mains un tambour à broder…. qu’elle n’a pas lâché depuis, car, comme elle le dit elle-même : « c’est tout ce que je sais faire ! » Une vie consacrée à la broderie, qui lui vaut en 2004 le titre de Meilleure Ouvrière de France. Colette brode et propose des ateliers de broderie dans sa petite maison de la rue des Pâquerettes à l’entrée du village de Cilaos. Il lui faut environ 4 heures pour broder le motif des petites serviettes proposées chez Bois Corail.

Ce savoir-faire ancestral est malheureusement en train de disparaître. En effet, aujourd’hui il est très difficile de vivre de la broderie, qui ne fait plus partie des trousseaux de mariage ou de baptême comme autrefois, et la jeunesse du cirque délaisse cette activité ô combien minutieuse, pour d’autres, plus en adéquation avec nos modes de vie et de consommation…

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BABOU’NI

"L'éco-créative"

Sophie est manuelle depuis toujours. C’est donc tout naturellement que lui est venue l’idée de créer sa propre marque de bijoux, en 2007 en arrivant à la Réunion. Elle choisit de l’appeler « Babou’Ni », en hommage à sa grand-mère qui a vécu et eu son premier enfant au Mali. En effet, Babou’Ni est le diminutif du mot « Toubabou’Ni » en bambara (langue nationale du Mali) qui signifie « le bébé de la blanche ».

Elle conçoit et fabrique ses bijoux avant tout par passion, dans son petit atelier près de Boucant Canot, car elle travaille, dans son « autre vie », dans le domaine de l’écologie marine, à l’université de la Réunion.

La mer, et plus globalement les ressources naturelles qu’offre la Réunion, mais aussi ses traditions (elle a créé une gamme en hommage à « Saint Expédit »), sont une vraie source d’inspiration pour Sophie. Coquillages (mais pas encore crustacés !), épines d’oursins, et plus récemment, les écailles de poisson, deviennent entre ses mains des pièces de ses bijoux. Elle utilise également des perles colorées, en verre soufflé par un ancien collègue, qu’elle monte en boucles d’oreilles ou colliers, avec des chaînes ou du fil de coton. 

Bref, tout est pour Sophie source d’inspiration, pour imaginer des pièces poétiques, parfois décalées mais toujours féminines !

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ARTEMIS DEESSE DES BISCOTTES

"La yab intense"

« Pure yab chouchou » (expression intraduisible, qui désigne les habitants des hauts, à la peau blanche), voila comment se décrit elle-même Héloïse, avec une touche d’humour et d’autodérision.

Architecte de formation, elle est revenue depuis peu à ses anciennes amours, à savoir le dessin et la peinture, qu’elle pratique depuis toute petite, « pendant la messe pour ne pas s’ennuyer ». Après la peinture à l’huile (qu’elle fabrique elle-même à base de pigments), elle expérimente avec bonheur la peinture numérique (les différentes déclinaisons du Grand Etang en couleur, ci-dessous, en sont la parfaite illustration).

Véritable touche-à-tout, curieuse de la vie et globe-trotteuse, Héloïse part à Buenos Aires après ses études à Paris et s’essaye également à la photo. Elle navigue aujourd’hui entre le pays basque, son autre terre d’adoption, et son « île intense », qui reste sa source principale d’inspiration.

Des paysages, mais pas que…. elle croque aussi des portraits décalés et incisifs de personnages connus ou inconnus, toujours avec une pointe d’humour. Son univers est coloré (ou pas), poétique (ou trash), mais en tous cas très riche et foisonnant d’idées et de styles différents (toujours !).

C’est à la fois une jeune femme très haute en couleurs et pleine de sensibilité, qui nous propose sa vision de « sa » Réunion, et c’est ce qui m’a plu chez elle !

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